Jongler

Vidéos

 
 
 
 
 
 
 

Jongler
2009
vidéo : édition de 5
animation image par image, performance-vidéo pour moniteur plat
photographies numériques assemblées par un programme d’édition vidéo numérique
boucle vidéo : 7 min 29 s
commande d'oeuvre de L’Oeil de Poisson, financé par le Conseil des arts du Canada
documentation : – photo & vidéo©Diane Landry

 2013

  • The Cadence of All Things, Cameron Art Museum, Wilmington (Caroline du Nord, É.-U.).

2011

  • Pas de deux, commissaire : Lydia Bouchard, Musée de Lachine, Montréal (Québec, Canada).
  • The Defibrillators, commissaire : Eve-Lyne Beaudry, Art Gallery of Hamilton, Hamilton (Ontario, Canada).

2010

  • Photo Environment, commissaire : Andrea Harris, Frank M. Doyle Arts Pavilion, Costa Mesa (Californie, É.-U.).
  • Réservoir électrique, Séquence, Saguenay (Québec, Canada).
  • Chevalier de la résignation infinie, Optica, Montréal (Québec, Canada).

2009

  • Chevalier de la résignation infinie, l’Oeil de Poisson, Québec (Québec, Canada).

 « Jongler est la charnière qui relie les deux autres éléments de l'installation, bien que, d'emblée, les trois parties semblent difficiles à inscrire dans un rapport signifiant. Même si chacune a recours à l'obscurité et à la lumière pour mesurer le temps et que toutes trois évoquent des cycles, qu'il s'agisse de travail, de la Terre ou du cosmos, leurs morphologies, leurs médiums et leurs connotations suggèrent la disparité plutôt que la construction de correspondances intimes. Toutefois, un indice pour l'interprétation de l'œuvre nous est offert par le titre, Chevalier de la résignation infinie, emprunté à Søren Kierkegaard et à son ouvrage Crainte et tremblement (1843), qui traite de la difficulté de la foi. Dans le texte, le chevalier de la résignation infinie aime une princesse, mais ne peut la conquérir. Bien qu'il ne puisse pas atteindre l'objet de son désir, il n'abandonne pas et ne renonce pas à elle : il lui consacre sa vie mais en retrait, concentrant le sens de son existence et de sa réalité en l'amour qu'il lui porte. Pour Kierkegaard, le chevalier de la résignation infinie, résigné à l'impossibilité de la satisfaction temporelle, représente la dernière étape d'une évolution spirituelle vers la foi. La foi elle-même comprend une acceptation totale de l'existence matérielle et est le stade le plus difficile à atteindre. Le chevalier de la résignation infinie est pris dans un moment d'abandon et de refus des vicissitudes de l'existence sur terre, image qui semble apte à guider notre analyse du travail de Landry. La femme dans la vidéo pourrait bien représenter le chevalier. Inconsciente de la vie qui l'entoure, elle porte une attention intense à quelque chose qui dépasse notre entendement. Consumée par une passion inconnaissable, elle ignore le monde terre-à-terre et matériel. Elle n'est pas tentée par le serpent ou par la possibilité de fuir : elle n'est pas une nouvelle Ève. Elle ne peut pas ou ne veut pas aller dans la pièce sombre et chaude des fers chauffants d'un côté de l'exposition, pas plus que dans la pièce froide et éthérée des constellations qui tournent sur elles-mêmes de l'autre côté : un enfer domestique ou une éternité apparemment stérile, inhumaine. Ses propres besoins corporels sont évoqués par le verre d'eau et par la vaisselle dans le lavabo, mais elle les ignore, que ce soit par narcissisme ou par foi. Son jonglage entre le réel et l'idéal s'avère un piège. La vitre par laquelle elle regarde à l'extérieur devient, à divers moments du jour et de la nuit, un miroir. Sa foi n'est peut-être qu'un solipsisme : pendant trois jours et nuits, elle attend, immobile, mais aucun sauveur ne fait son apparition. Une force infinie aussi bien qu'une résignation infinie sont requises pour maintenir en vie le fantasme de la résurrection, de la rédemption. »

Alison Syme, Diane Landry, installations & performances 2008-2009 (extrait), catalogue-DVD, LOeil de Poisson, Québec, 2010