TITRE : Madones
DATE : 2007-2008
MATÉRIAUX : laveuse à linge, photographies montées sur acrylique, miroir,
éclairage, détecteur de mouvement.
DIMENSION : 74 cm X 140 cm X 66cm
VIDEO
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2008


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- Musée d'art de Joliette (Quebec).
- GNO, galerie du nouvel-ontario, Sudbury (Ontario).
- Manif d'art 4, La Biennale de Québec, Manifestation Internationale d'Art de Québec, (Québec).
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Dans cette première version du projet “Madones”, je n'utilise qu'une seule machine à laver. Contrairement à l'habituelle, celle-ci est éloignée du mur et on est invité à en faire le tour. La laveuse à linge est placée dans l'espace à la manière d'une chaise massive, déjà habitée. En effet dès que nous apercevons ce mobilier, il y a une femme qui nous regarde. Si l'espace de l'oeuvre est inoccupé depuis un moment, le portrait semble en garde, en attente, mais dès qu'on s'en approche celui-ci s'anime en faisant un signe répétitif de la tête. J'utilise un détecteur de mouvement pour créer des moments d'inactions et aussi provoquer un effet de surprise lorsque l'on s'approche de l'électroménager. Le portrait est greffé en haut de l'agitateur qui porte une douzaine de miroirs, correspondant à la douzaine de prises de vue. La lecture animée du portrait est produite directement par le mouvement de l'agitateur de la lessiveuse. Le disque photographique qui permet cette animation du visage féminin est directement inspiré d'un “optical toy” nommé le praxioscope. Le disque composé de 12 portraits de la même femme dans 12 positions différentes, est éclairé à la manière d'une boîte lumineuse. En fait, c'est la cuvette de la laveuse à linge qui sert de contenant pour l'éclairage fluorescent. Cette lumière très blanche donne une aura mystérieuse à la machine. L'oeuvre laisse voir la machine banale métamorphosée et sa simplicité n'est pas dissimulée. Mon projet cherche à utiliser la machine à laver dans son intégrité et je l'ai modifié le moins possible pour qu'on puisse la reconnaître d'un seul coup d'oeil. Ainsi, notre mémoire est ébranlée par cette reconnaissance inusitée.

Une litanie sonore, créée par la machine, accompagne l'affirmation répétée, comme ces gestes banales mille fois répétées pour combler les besoins essentiels des siens. Hommage et hymne au travail des femmes de par le monde, "Madones" évoque à la fois les eaux usées de la vie quotidienne qui nous échappent, disparaissent et réfèrent également aux eaux maternelles, à la perte des eaux qui s'effacent après leur existence cachée. Le travail traditionnellement féminin s'est modifié avec l'industrialisation, mais demeure aussi abrutissant et toujours mal rétribué. Le portrait de cette femme est près de l'échelle réelle, elle acquiesce avec générosité et cela sans relâche.
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